
Salut, je suis Jannis. On peut me trouver aussi souvent en montagne que dans une école primaire, devant une classe de 4e. La saison est peut-être différente, mais l’appareil photo est toujours là. Je photographie beaucoup en analogique, parfois en numérique. Pour ce travail, j’ai utilisé le système GFX.
Mes œuvres sont à la fois paisibles et riches de sens. Je travaille presque exclusivement en extérieur, en lumière naturelle, et j’essaie de réinterpréter encore et encore ces conditions. En plus de mon activité créative, je suis président du collectif outdoor The Alpinists et co-auteur de deux livres sur la randonnée.
Pour en savoir plus sur moi et mon travail, rends-toi sur mon site web ou sur Instagram:
Été comme hiver, je prends délibérément le temps de découvrir de nouvelles régions. J’y passe plusieurs jours et je reste autant que possible hors des sentiers battus. Mais avec la mode de l’outdoor qui persiste depuis la COVID, ce n’est plus si simple.
Cette saison, j’ai réussi à trouver un refuge peu connu à la frontière entre les cantons des Grisons et de Glaris. Vu les vastes paysages de haute montagne de cette région, il ne m’a pas fallu de longs discours pour motiver trois de mes amis à m’accompagner.
Même si le calme de tels endroits me plaît, je suis rarement seul en déplacement, car j’ai appris à apprécier les discussions et les expériences en commun, loin du réseau mobile et de l’agitation.








De plus, mes sujets de prédilection en photographie n’ont cessé de changer au cours des dix dernières années: je suis passé des seuls paysages aux moments et aux déplacements qui se déroulent d’un paysage à l’autre. Un décor épique comme celui de notre circuit vient en deuxième position, mais il n’est pas loin de la première.

Dans de telles aventures, je travaille avec ce que je qualifie de «spontanéité planifiée». Je suis quelqu’un qui aime la structure et les processus, mais j’ai aussi appris que les choses se passent souvent très différemment de ce que l’on avait prévu. Lorsque je prépare un itinéraire, je notes des endroits attirants, je m’imagine des prises de vue, mais je ne commence à chercher les compositions et les couleurs définitives qu’une fois sur le terrain. Dès que mon œil (photographique) se pose sur un nouvel endroit, tout se fait tout seul.




Mes dernières années ont été marquées par la photographie sur pellicule. La première fois que j’ai utilisé un 120, j’ai été très impressionné. C’était tout simplement différent, dans le bon sens du terme, et c’est là que j’ai pris ma décision de tenter ce format sur capteur numérique. Le GFX100S II était pour moi le choix logique pour sa haute résolution et sa structure compacte. Plus je me limite, plus je suis créatif. C’est pourquoi je n’ai souvent que quelques lentilles sur moi. Lors de notre randonnée à ski sur le col du Panix, je n’avais d’ailleurs que le GF45mmF2.8.
Dans un paysage comme celui-ci, on a le luxe de toujours pouvoir diriger son appareil photo vers une montagne sans jamais se tromper. Mais il y a quelques années, j’ai commencé à trouver ça trop facile. Entre-temps, j’ai nourri une certaine ambition, celle de ne pas me précipiter directement sur l’image évidente.

J’ai l’exigence de continuer à réfléchir, à prêter attention aux détails, à anticiper les émotions et à expérimenter des réglages inhabituels de mon appareil photo.
L’oxygène qui se raréfie, les pentes raides et les passages très techniques m’en empêchent pendant un circuit entier et je n’en suis pas mécontent. Ainsi, je n’oublie pas d’être dans le moment présent et de percevoir l’environnement avec mon propre regard.
C’était le cas, par exemple, à l’arrivée au sommet du Hausstock, le point culminant de notre randonnée. C’était la première randonnée à ski en haute montagne pour tous les membres du groupe, et le panorama, après l’ascension de la face sud-est sous un soleil matinal brûlant, était une vraie occasion de recueillement.




Quand la pente reste inférieure à 30 degrés, je porte souvent l’appareil photo sur la bretelle gauche de mon sac à dos. Ainsi, son poids est parfaitement compensé par celui de la bouteille d’eau placée sur le côté opposé de mon chargement.
Il faut admettre que le GFX est le plus grand appareil photo qui ait jamais été accroché au clip de mon sac à dos; cependant, en termes de poids, il n’y a pas de grande différence avec mes appareils analogiques. Dans le maniement de l’appareil, la plus grande différence était le travail avec un viseur numérique à la place de l’outil visuel rudimentaire que possèdent souvent les appareils argentiques. J’ai apprécié ce changement, je pouvais voir immédiatement à quoi ressemblerait l’image avec les paramètres et les simulations de films de mon choix. Surtout parce qu’avec un fort ensoleillement intense et la réflexion de la lumière sur la neige, les anciens posemètres ne sont pas toujours fiables.



J’ai copié mes recettes analogiques personnelles depuis mon X100V et je les ai programmées sur les nombreuses positions de la molette supérieure du GFX. Il m’a fallu bien 20 minutes pour réaliser qu’elle me permettait de changer de presets, c’est absolument génial! Avec mes looks, j’essaie de couvrir différents types de pellicules pour être prêt à toute éventualité: mon incontournable, c’est une imitation de Portra 400, à laquelle j’ajoute une simulation Cinestill 800 et à une recette noir et blanc. De plus, en raison de mon obsession récente pour le FUJIFILM TX-2 et sa fonction panoramique, j’ai utilisé un slot pour passer rapidement à un ratio 65:24: c’est un truc que j’ai apprécié, et ça se voit. Avec les simulations, j’ai principalement photographié des scènes dont je savais qu’elles serviraient de souvenirs. Pour les photos les plus importantes et les prises de vue nocturnes, je suis resté en mode manuel et j’ai pris mes photos en RAW.
Une fois de plus, j’ai apprécié être en compagnie d’amis, à l’écart du monde extérieur, dans le silence et l’infini des montagnes enneigées. Mon moment fort, c’est quand j’ai photographié spontanément Aeneas en train de se brosser les dents le soir. À main levée, en 0,5 s, j’ai retenu mon souffle… Je n’en ai pas cru mes yeux.

J’ai une conviction, qui n’a fait que se renforcer et que je souhaite transmettre aux lecteurs: évitez de prendre des photos sensationnelles en permanence, capturez les images moins évidentes, et concentrez-vous sur toutes les couleurs, les lumières et les ombres que vous y découvrirez!
Photos & Texte: Jannis Richli
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