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Astuces photo

La photo de nuit, entre technique et esthétisme

Il est bon de le rappeler : la photographie, c'est la lumière. C'est elle qui s'imprime sur la pellicule ou le capteur. Or, la spécificité de la photo de nuit, c'est précisément que la lumière n'est que très peu présente. C'est donc une photo qui demande au préalable quelques notions mais qui peut s'avérer particulièrement esthétique dans son résultat. Petit tour d'horizon de l'éventail du possible dans la technique de la photo de nuit.

La technique de la photo de nuit

Le manque de lumière est bien évidemment le premier point que le photographe devra compenser. Il existe plusieurs possibilités pour cela. Or, a contrario un excès de lumière peut parfois venir compliquer les réglages. En effet, un éclairage puissant se situant dans le cadre de votre composition va accroître la plage dynamique de celle-ci, c'est-à-dire la différence entre les zones les plus claires et les plus sombres. L'œil humain est capable de distinguer une plage élevée, mais ce n'est pas nécessairement le cas de tous les capteurs, surtout s'ils sont âgés de quelques années. Si la plage dynamique de la composition dépasse celle du boîtier, cela entraînera une perte de détails dans la zone lumineuse qui risque d'apparaître totalement blanche sur le cliché.  Mais il serait dommage de s'arrêter à ces quelques difficultés et ne pas s'essayer à la photographie de nuit tant elle peut s'avérer riche d'enseignements et permettre de développer des qualités sur le plan de la composition et de l'esthétisme. Ainsi, les lumières des villes se prêtent particulièrement à la réalisation de clichés nocturnes

Votre premier allié : le trio ouverture/vitesse/sensibilité

Ce trio est à la base de toute la photographie et c'est encore lui ici qui vous permettra de réussir vos clichés nocturnes. Le principe sera d'amener un maximum de lumière à votre capteur. Choisissez donc un bon objectif, capable d'ouvrir à f/ 2,8, voire f/1,8. L'autre levier est celui de la vitesse d'obturation qu'il faudra diminuer, et enfin la sensibilité du capteur qu'il faudra augmenter. Serait-ce aussi simple ? Non malheureusement, car vous allez vous heurter à certaines difficultés... En premier lieu, une grande ouverture implique une faible profondeur de champ, alors que la composition de nuit implique généralement une profondeur moyenne, voire importante. Diminuer ensuite la vitesse d'obturation à des valeurs basses entraînera un risque élevé de flou de bougé, surtout si vous descendez en deçà d'1/15e de seconde. Enfin, augmenter de manière importante la sensibilité (6400 ISO et plus), même si votre capteur l'admet théoriquement, va entraîner inévitablement l'apparition de bruit dans les zones sombres. Vous touchez donc là aux limites « techniques » de votre boîtier. 

Le trépied, l'autre allié de la photo de nuit

Avec de l'entraînement, il est bien sûr possible de réaliser des clichés nocturnes à main levée (ou en posant le boîtier sur du mobilier urbain par exemple), mais le trépied apportera incontestablement à votre appareil la stabilité nécessaire pour des compositions esthétiques et originales. En effet, le trépied vous autorisera des temps de pose beaucoup plus longs (jusqu'à plusieurs secondes, voire davantage pour le ciel nocturne), tout en conservant une profondeur de champ cohérente (f/8 ou plus) et une sensibilité à un niveau raisonnable afin d'éviter le bruit. Jouer ainsi sur la vitesse (en mode S par exemple) vous permettra de réaliser des effets artistiques sur les lumières mobiles, comme celle des phares ou des manèges d'une fête foraine.

Quelques petites astuces

Une photo de nuit se prend... la nuit, certes, mais pas à la nuit noire. En effet, au beau milieu de la nuit, le ciel est trop sombre et les contrastes seront trop élevés avec les lumières ambiantes (rappelez-vous de la plage dynamique). Aussi, préférez le moment après le coucher du soleil, ou juste avant son lever, ce que l'on appelle parfois « l'heure bleue ». C'est l'instant idéal mais fugace. Globalement, on choisira une mesure matricielle de la lumière mais occasionnellement, une mesure « spot » pourra être justifiée si dans votre composition une source de lumière importante est présente.

La photo de nuit étoilée, une composition à part

Pour capter la beauté du ciel nocturne, un temps de pose long est absolument nécessaire (pose « B »). Vous pourrez monter jusqu'à 30 secondes sans ressentir les effets de la rotation terrestre. Optez de préférence pour un grand angle, comme le 18 mm, voire un objectif de type « fish-eye » de 8 mm, donnant des résultats incroyables sur le ciel étoilé, avec une pose pouvant aller jusqu'à une minute sans compenser la rotation terrestre par une monture adéquate.

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