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Interview avec le photographe Thomas Buchwalder

Les véritables stars peuvent se permettre la simplicité.

Thomas Buchwalder, la shooting star(!) parmi les photographes suisses, a invité CREATE dans son studio pour un échange. Nous avons voulu savoir comment devenir l’un des photographes de célébrités les plus convoités de Suisse, comment les stars se comportent devant l’objectif, et quel rôle joue la technique en matière de photographie.

Thomas Buchwalder, la shooting star(!) parmi les photographes suisses, a invité CREATE dans son studio pour un échange. Nous avons voulu savoir comment devenir l’un des photographes de célébrités les plus convoités de Suisse, comment les stars se comportent devant l’objectif, et quel rôle joue la technique en matière de photographie.

Thomas Buchwalder, la carrière de la plupart des photographes débute avec leur premier appareil photo. Comment cela s’est-il passé pour vous?

 

Thomas Buchwalder, la shooting star(!) parmi les photographes suisses, a invité CREATE dans son studio pour un échange. Nous avons voulu savoir comment devenir l’un des photographes de célébrités les plus convoités de Suisse, comment les stars se comportent devant l’objectif, et quel rôle joue la technique en matière de photographie.

 

Votre réussite n’était pas non plus toute tracée: vous êtes arrivé à ce métier en gagnant un concours. Au départ, vous aviez appris une profession technique. Est-ce plutôt l’aspect technique de la photographie qui vous fascine?

 

La technique fait bien entendu partie du métier. La photographie étant un métier artisanal, un enseignement technique n’est pas si éloigné. Et une formation manuelle de base ne fait en principe pas de mal.

 

La post-production numérique fait également partie du travail. Qui traite vos photos en post-production?

 

Je m’en charge toujours moi-même, excepté pour les montres et les voitures.

 

De cette manière, vous contrôlez votre style de A à Z. Nous pourrions le définir comme «glamour». D’accord?

 

Il m’est difficile de décrire mon style car je travaille dans des domaines très différents. Mais j’aime plutôt le minimalisme, la sobriété, parfois aussi la provocation. Ce que vous appelez «glamour» correspond surtout aux mannequins...

 

... et donc à l’univers dans lequel vous évoluez. Vous considérez-vous comme une part de cet univers, ou plutôt comme un observateur qui le regarde à travers un objectif et n’a ou ne veut rien à avoir faire avec lui?

 

Il faut bien entendu pouvoir évoluer dans cet univers-là. Mais selon moi, il est important que je reste moi-même. Je pense y être bien parvenu jusqu’à présent, car je me vois d’abord comme un prestataire qui tente de faire son job le mieux possible.

 

Et vous le faites effectivement bien. Tellement bien que l’on vous demande de faire le portrait de stars comme Kevin Costner. Quel effet cela vous fait-il de photographier des célébrités?

 

Les véritables stars, celles qui ont réussi, peuvent se permettre la simplicité.

 

Quand vous photographiez des stars: jusqu’à quel point est-il pour vous important que la personne dont vous faites le portrait aime votre photo, et pas uniquement le donneur d’ordre?

 

Très important. La célébrité doit impérativement pouvoir s'identifier à la photo, sinon cela signifie que j'ai très mal travaillé...

 

 

Après tout, la photo ne naît bien souvent pas dans votre tête, mais dans celle du directeur
artistique...

 

Pour la plupart des commandes qui proviennent d’une agence, la photo finale est déterminée de manière précise à l’avance. Dans ce travail, il ne s’agit pas en premier lieu d’afficher son potentiel, en permanence et du mieux possible, mais de rendre le client heureux. Il existe d’autres moyens de se réaliser au niveau artistique, comme les travaux libres par exemple.

 

De quelles photographies êtes-vous particulièrement fier et pourquoi?

 

Il n’y a pas de photographies spécifiques, exceptionnelles. Je suis de toute façon trop critique vis-à-vis de moi-même pour en sélectionner une...

 

Cela correspond bien aussi à votre souhait de vous améliorer continuellement. On peut aussi s’améliorer au niveau matériel. Comment évaluez-vous le nouveau matériel?

 

Il faut souvent emprunter, tester et ensuite éventuellement acheter. Et bien sûr faire des recherches sur Internet.

 

Si vous ne deviez avoir qu’un seul objectif, ce serait lequel?

 

Le Zeiss 85 mm f/1.4 ZE Planar T*

 

Qu’utilisez-vous quand vous faites des instantanés en privé? Votre mobile?

 

Mon FUJIFILM X100 ou mon Nokia 1020.

 

Quels sont vos modèles en photographie?

 

J’aime Marco Grob, Rankin et le style de Terry Richardson.

 

Vous êtes un autodidacte. D’autres ont besoin d’un maître. Formez-vous de nouveaux talents?

 

Quand mon emploi du temps me le permet, j’essaye de le faire. Mais j’aimerais en faire plus dans ce domaine…

 

Aujourd’hui, chacun est un photographe. Et tout le monde publie, p. ex. sur Facebook. D’ailleurs, certains atteignent même un public plus large que les pros dans les médias traditionnels. La concurrence est-elle ici toujours plus forte?

 

Oui, exactement: la photographie est tendance, notamment en raison des incroyables possibilités du numérique. Cependant, un photographe correspond toujours à un ensemble composé de la photographie, de la personne elle-même et d’un sens de l’entreprise. Et finalement, le marché se régulera de lui-même. Mais la concurrence des jeunes photographes, doués et motivés, se fait de plus en plus rude.

 

Si vous gagniez au loto, abandonneriez-vous la photographie pour goûter aux joies de l’oisiveté?

 

La photographie est ma passion! Même si j’avais 100 milliards, je n’aurais aucune raison de m’arrêter.

 

Et que fait Thomas Buchwalder d’autre, à part photographier? Vous reste-t-il du temps pour autre chose?

 

J’ai commencé à passer mon brevet de pilote d’hélicoptère. Toutefois, je n’ai pas encore réussi par manque de temps… Mais je m’accroche!

 

Photos: Thomas Buchwalder
Text: Gerhard Reinecke

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